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Magazine Diplomat Investissement - Chuka Umunna

Chuka Umunna

Chuka Umunna

Chuka Umunna Va aller loin et écrira une nouvelle page de l’histoire britannique.

Etoile montante du Parti travailliste, l’ancien « ministre du commerce du cabinet fantôme » brûle d’écrire une nouvelle page de l’histoire britannique en devenant le premier Noir à occuper le 10 Downing Street.

Un homme politique anglais conservateur ? Les stéréotypes voudraient qu’il soit éduqué dans un coûteux collège privé, qu’il porte des costumes faits sur mesure à Savile Row et qu’il récite les sonnets shakespeariens sans accent. On attend, de surcroît, qu’il ait été avocat, banquier ou expert-comptable à la City et soit anglican, la religion d’Etat.

Si Chuka Umunna, 36 ans, remplit toutes ces cases, la coqueluche de Westminster n’en est pas moins travailliste. « Je souhaite un monde plus juste, plus égal, plus durable », explique le ministre du commerce du cabinet fantôme de l’opposition travailliste à propos de son adhésion à la gauche.

A l’instar du quotidien populaire Daily Mail, beaucoup voient dans ce fils d’un immigrant nigérian et d’une avocate d’origine irlandaise « le futur Obama britannique ». Métissé, avocat de formation, grand, élancé et charismatique : le natif du sud de Londres possède bien des traits communs avec l’actuel président américain. L’espoir travailliste espère un jour devenir le premier Noir à occuper le 10 Downing Street. Et il ne néglige rien pour cela.

Je suis l’enfant de la chute de Thatcher et de l’avènement du New Labour »

Le parcours de Chuka Umunna est spectaculaire. C’est une histoire de réussite sociale et multiculturelle à l’anglaise digne d’un roman d’Hanif Kureishi. Celle d’abord de son père Bennett, Nigérian chrétien appartenant à l’ethnie ibo qui débarque sans le sou à Liverpool en 1964, avant de fonder avec succès une entreprise d’import-export avec l’Afrique. Sa mère est une Anglaise blanche dont le père d’origine irlandaise fut juge à la Haute Cour de Londres après avoir été magistrat au procès de Nuremberg contre les responsables nazis.

Le charismatique député Chuka Umunna, qui a reçu publiquement le soutien Tony Blair pour prendre la tête du parti, a lui aussi formulé un long réquisitoire dans le Guardian. Enfant d’un couple mixte (père nigérian et mère anglaise), cet avocat de 36 ans qui se définit comme un «social-démocrate européen» est régulièrement dépeint comme un «Barack Obama britannique» en puissance. S’il avait résolument soutenu Ed Miliband à la présidence du parti en 2010 (ce qui lui a valu le poste de ministre fantôme du commerce), il critique aujourd’hui son approche centrée sur les électeurs traditionnels du Labour.

«On a uniquement parlé de ceux qui sont au sommet et au plus bas de la société : de salaire minimum et de contrats zéro heures, de taxe sur les manoirs et les expatriés. Mais on avait trop peu à dire aux gens au milieu», écrit Umunna. Il appelle le Labour à être plus pro-business en prenant le parti des entreprises et pas uniquement celui des syndicats. «Personne n’est trop riche ni trop pauvre pour joindre notre parti. Surtout, nous devons commencer à prendre des voix directement aux conservateurs», conclut-il. La bataille pour la tête du Labour ne fait que commencer.

Barack Obama britannique

Derrière l’un des favoris pour prendre la tête du Labour, surnommé le «Barack Obama britannique», se cache surtout un nouveau Tony Blair.

Métis, ex-avocat, beau gosse et coqueluche des médias : on peut comprendre la facilité avec laquelle la presse a collé l’étiquette «British Obama» sur le blazer taillé au millimètre de Chuka Umunna, même s’il prétend détester la comparaison.

Le charismatique député travailliste de 36 ans est le favori des bookmakers pour prendre la tête du Labour, dont les élections internes auront lieu le 12 septembre. Tony Blair – avec qui il est en accord «à 85%» – a fait savoir par son entourage qu’il voyait dans le «MP» de Streatham, un quartier de Londres, un «héritier naturel». Et ce dès décembre, bien avant la déroute historique du Labour mené par Ed Miliband aux élections générales la semaine dernière.

Au lendemain de la démission du candidat malheureux le 8 mai, Umunna – qui fut l’un de ses premiers soutiens – signait un réquisitoire implacable de la stratégie trop à gauche d’«Ed le Rouge» dans le Guardian. «Personne n’est trop riche ni trop pauvre pour rejoindre notre parti», affirmait-il, constatant que durant la campagne, le Labour avait «uniquement parlé de ceux qui sont au sommet et au plus bas de la société : de salaire minimum et de contrats zéro heure, de taxe sur les manoirs et les expatriés. Mais on avait trop peu à dire aux gens au milieu de tout cela». Un appel au recentrage partagé par Blair et les dinosaures du New Labour, qui ont pilonné le virage gauchiste du parti sous la férule de Miliband. Umunna annoncé sa candidature officiellement, dans une vidéo postée sur Facebook.

Symbole multiculturel

A défaut d’être un animal politique (ses discours, très compassés, n’ont guère ébloui à Westminster), Umunna apparaît comme un symbole de la réussite du modèle multiculturel anglais, dans un landerneau politique encore dominé par de vieux hommes blancs diplômés d’Oxford et de Cambridge. Le «plus attirant député d’Angleterre», selon un sondage de SkyNews, coche tellement de cases qu’on le dirait sorti d’un laboratoire électoral.

Gamin de Brixton, le quartier chaud du sud de Londres associé de façon indélébile aux émeutes raciales de 1981 et à la chanson des Clash, Umunna est à la fois le fils d’un immigré nigérian et d’une Britannique issue de la haute société. Son grand-père maternel était un juge de la Cour suprême et l’un des procureurs du procès de Nuremberg. Mais il peut tout aussi bien insister sur la trajectoire de son père, Benett, débarquant à Liverpool dans les années soixante avec pour seules ressources la valise qu’il porte sur sa tête. Après avoir lavé des voitures, ce dernier monte une lucrative société d’import-export et devient un notable du Sud londonien. Le jeune Chuka étudie dans une école privée, joue du violoncelle, chante à la chorale.

Son père retourne au Nigeria pour briguer un poste de gouverneur. Il meurt dans un accident de voiture pendant la campagne, dans ce que ses supporteurs ont toujours vu comme un assassinat politique. Umunna a 13 ans, et la rage de réussir. Il fera un parcours brillant sans toutefois passer par les grandes universités de l’élite. En 1997, il prend sa carte au Labour, l’année où Tony Blair accède au 10 Downing Street. « Je suis l’enfant de la chute de Thatcher et de l’avènement du New Labour», résume-t-il.

Le prince de Brixton

Si l’on en croit les nombreux reportages qui lui sont consacrés depuis son arrivée au Parlement, Ummuna est une star dans sa circonscription natale de Streatham, mosaïque de communautés où la gentrification grignote les quartiers traditionnellement working class et caribéen. Dans la rue, on lui réclame des selfies, et les gamins crient son nom. Il faut dire que le député est capable de débarquer à la visite d’un collège accompagné de Will Smith, avant d’entonner à ses côtés le générique de la série le Prince de Bel Air devant une assemblée de collégiens hystériques. Umunna était aussi DJ (à l’ancienne, du ragga «uniquement sur des vinyles») à ses heures perdues quand il étudiait le droit à Manchester. Aujourd'hui, il se contente de partager ses playlists musicales sur Twitter, avec un hashtag ad hoc, #Sounds Of Streatham

Une façade branchée qui fait passer les pilules très «corporate» de cet ancien avocat d’affaires à la City, qui se dit résolument «probusiness» et se lamente que le Labour prenne systématiquement le parti des syndicats. Sa connaissance des dossiers et son aisance aux côtés des PDG et des financiers lui ont permis de décrocher le très convoité poste de ministre du Commerce du cabinet fantôme de Miliband dès son premier mandat au Parlement, du rarement vu à Westminster.

«Socialiste champagne»

Son positionnement ferme mais compréhensif lors des émeutes de 2011 en ont fait une voix nationale. Plus récemment, ses attaques contre l’Ukip et sa défense des bienfaits de l’immigration, histoire personnelle à l’appui, ont été remarquées. Lui-même se définit comme un «social-démocrate européen», qui n'est pas entré en politique «pour taxer les gens». Les tabloïds de droite ont depuis longtemps aiguisé leurs couteaux : «socialiste champagne» (équivalent brit de gauche caviar) et fêtard sans convictions, à qui l'on reproche la vie de célibataire et les «girlfriends».

A gauche, c’est le côté lisse (il a dit lui-même n’être pas un «pugiliste»), un brin superficiel et assurément ambitieux de ce «réformateur blairiste», trop bon communiquant pour être sincère, qui dérange. Autant de défauts qui sonnent comme des qualités pour celui qui veut se faire la voix des classes moyennes avides de réussite sociale.

Chuka Umunna, Va aller loin

Chuka (qui signifie « Dieu est le plus grand ») va aller plus loin. Pour lui, il n'est pas défendu d'être ami avec un riche et un pauvre. Le plus important est que les deux vivent mieux. Une vision pragmatique qui risque de lui faire hisser au sommet pour écrire une nouvelle page de l’histoire britannique en devenant le premier Noir à occuper le 10 Downing Street.

L'homme à abattre

Pressé par des amis à se présenter aux législatives en 2010 à Streatham, bastion travailliste du sud de la capitale, le voilà à peine élu projeté à la puissante commission des finances de la Chambre des communes où ce brillant orateur étrille les grands banquiers. A la suite de la démission de Gordon Brown comme leader du Labour, il a le flair de soutenir Ed Miliband, adoubé par les syndicats, contre son frère David, favori des médias et de l’équipe sortante. La victoire du challenger le propulse au poste très convoité de ministre fantôme du commerce, dix-huit mois seulement après son élection.

Depuis, Chuka est devenu l’homme à abattre pour les tories du premier ministre David Cameron, à l’approche du scrutin général qui se tenu à la mi- mai 2015. En effet, l’intéressé aux traits fins et à la voix onctueuse passe bien à la télévision. « Le personnage est plus qu’un politicien, c’est une marque, un concept, une franchise de la modernité britannique », souligne, admiratif, le magazine politique conservateur Totalpolitics. A sa manière, Chuka peut autant attirer les électeurs – et particulièrement les électrices – du Sud aisés comme du Nord en difficulté.

Surtout, ce partisan de la hausse de l’impôt sur les plus riches réussit à filer le parfait amour avec le patronat, qui ne tarit pas d’éloges sur ce travailliste pragmatique à l’écoute de ses doléances. « C’est quelqu’un avec qui on peut faire des affaires », affirme le chef de la confédération de l’industrie britannique.

Des conservateurs pas si conservateurs

Certes, Chuka Umunna n’a pas que des amis. Certains dans son propre camp lui reprochent trop d’arrière-pensées. Son personnage est perçu comme étant davantage porteur d’une ambition personnelle que d’un projet de société. Il se décrit comme un social-démocrate européen sans entrer dans les détails de ce dessein attrape-tout.

Ses détracteurs estiment aussi que tout a été trop facile pour lui. A-t-il les qualités nécessaires pour permettre à une gauche britannique tiraillée entre parlementaires, syndicats et militants, de sortir de l’ornière ? Comme Blair, l’éclat de la gloire lui sied mieux que l’ombre discrète des appareils.

Surtout, la politique reste un bastion blanc, comme l’atteste la présence de seulement 27 élus issus de minorités ethniques sur les 650 membres de la Chambre basse. Mais sans doute a-t-il choisi le mauvais parti pour monter encore. Paradoxalement, les conservateurs sont plus novateurs que les travaillistes dans le choix de leurs leaders. La désignation pour diriger le royaume d’un juif (Disraéli au XIXe siècle), d’un célibataire soupçonné d’être homosexuel (Heath en 1965) ou d’une femme (Margaret Thatcher en 1975) témoigne de cette ouverture d’esprit. En revanche, la composante traditionnelle et ouvrière blanche du Labour est plus rétive aux changements.

Chuka Umunna n’en a cure. Déjà dans la légende, il brûle d’envie d’écrire une nouvelle page de l’histoire britannique.

Chuka Harrison Umunna, né le 17 octobre 1978 à Londres est un homme politique britannique, membre du Parti travailliste. Député pour Streatham depuis 2010, il était depuis 2011 membre du cabinet fantôme, en tant que secrétaire d'État au Commerce, à l'Innovation et au Savoir-faire.

Fils d'un père Nigérian de l'ethnie igbo et d'une mère anglo-irlandaise, fille de Sir Helenus Milmo.