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Magazine Diplomat Investissement - Pour une diplomatie économique du XXIème siècle

Pour une diplomatie économique du XXIème siècle

Pour une diplomatie économique du XXIème siècle

Le transfert du Commerce extérieur au Quai d'Orsay, preuve d'un gouvernement dépassé ? Par Alexandre Kateb, économiste et directeur du cabinet Compétence Finance. Il est l'auteur de "Les nouvelles puissances mondiales. Pourquoi les BRIC changent le monde" (Ellipses, 2011).

Le rattachement du ministère du commerce extérieur au Quai d'Orsay pour la première fois depuis 1958 doit nous interpeller. Selon le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, cette réorganisation participe au renforcement de la « diplomatie économique » dont il a fait son principal cheval de bataille depuis sa prise de fonction au printemps 2012.


Doit-on douter du Quai d'Orsay ?

Le terrain avait été préparé par la création d'une Direction des entreprises et de l'économie internationale (DEEI) au sein du MAE, la constitution de conseils économiques autour des ambassadeurs dans les principaux postes diplomatiques, la fusion d'UBIFRANCE et de l'AFII, et la nomination de représentants spéciaux pour faciliter les relations économiques et commerciales avec un ensemble de pays ou de régions considérés comme stratégiques (Algérie, Balkans, Brésil, Chine, Emirats, Inde, Japon, Mexique, Russie). 

On peut toutefois douter de la capacité d'une institution séculaire comme le Quai d'Orsay, avec une histoire et une culture politico-administrative fortement ancrée, à porter cette diplomatie économique appelée à redresser le solde du commerce extérieur français, et à attirer en masse les investisseurs étrangers sur le territoire national.

Les ambassades font déjà le job

Les missions économiques qui existent déjà dans les ambassades et qui sont rattachées à la Direction Générale du Trésor verraient une partie de leurs effectifs (les agents actuels d'UBIFRANCE) placés sous une double tutelle, sans que cela ne change grand chose à leur mission au quotidien qui est d'aider les entreprises françaises à prospecter les marchés étrangers et à leur faciliter les démarches sur place.

Surtout, cette évolution si elle montre un souci légitime de mettre la diplomatie économique au cœur de l'action extérieure de la France, traduit une vision quelque peu dépassée de la première. En effet, dans un monde où les chaînes de création, de production et de distribution de la valeur sont depuis longtemps devenues mondialisées, et intégrées aussi bien horizontalement, à travers différents pays, que verticalement, à travers différents segments, il est illusoire de séparer la politique de l'Etat à destination des entreprises installées sur le territoire national de celle qui vise leur expansion à l'international.

Une vision de l'économie dépassée

En ce sens, il aurait été plus logique de mettre les diplomates au service d'une politique industrielle, scientifique et commerciale intégrée, élaborée par le ministère de l'économie en concertation avec l'ensemble des acteurs publics et privés concernés, puis validée par un « Conseil national de la production, de l'attractivité et de l'export » associant tous ces acteurs, que de créer des structures de décision gigognes au sein de différents ministères. On reste en effet là dans une vision étatique très « top-down » de l'économie qui ne correspond plus à la réalité. 

Si les entreprises allemandes ont par exemple réussi à exceller à l'export, notamment ces fameuses entreprises du Mittelstand tant enviées de ce côté-ci du Rhin, ce n'est pas le résultat d'une quelconque diplomatie économique centralisée et aux accents régaliens. C'est bien plutôt le résultat d'un long processus « bottom-up » de création de chaînes de valeur intégrées au niveau mondial, avec les PECO d'abord et avec les pays asiatiques aujourd'hui.

Développer une approche de soutien transversale 

Bien sûr ces efforts doivent être soutenus par les autorités publiques, mais la diplomatie économique « façon Quai d'Orsay » risque de semer le doute et la confusion en remettant l'accent sur les grands contrats, et sur les secteurs dits stratégiques, qui correspondent en réalité aux secteurs où la France possède déjà une excellence reconnue à l'international.

Au lieu de cela, il faudrait développer une approche transversale de soutien aux différentes filières industrielles et de services, intégrant à la fois la dimension nationale et internationale, et l'amont de la R&D à l'aval de la distribution. Bref, nous avons besoin d'une diplomatie économique pragmatique tournée vers l'avenir, et portée avant tout par les entreprises elles-mêmes, et non d'un idéal mercantiliste qui a déjà montré ses limites par le passé.